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La déclaration de candidature de Jean-Pierre Bel à la Présidence du Sénat

Lire la déclaration de candidature de Jean-Pierre Bel à la Présidence du Sénat devant les sénateurs socialistes  le 27 septembre.

Mes chers collègues,

Ce 25 septembre 2011 demeurera à jamais une journée historique. Nous avons vécu dimanche des moments forts, longtemps inimaginables pour la plupart d’entre nous. Ils resteront gravés à jamais, en tout cas dans les mémoires de ceux qui y ont participé.

Je veux d’abord saluer nos collègues élus ou réélus, et les féliciter – vous féliciter – parce que c’est vous, dans les départements, en métropole et outre-mer, qui avez permis cette magnifique victoire.

Je pense à cet instant à nos collègues, qui ont toujours combattu avec cet objectif chevillé au corps : [Pierre Mauroy ; Robert Badinter ; Claude Estier ; Louis Mermaz. Vous me permettrez aussi d’avoir une petite pensée pour Bernard Frimat. 

Cette victoire, c’est le résultat des combats que nous avons menés. Elle ouvre une page nouvelle qu’il convient d’écrire ensemble.

Qui aurait pu le penser, il y a quelques années seulement ? Et – j’ajouterais même – qui y croyait vraiment ? Et pourtant, nous voilà devant un joli présage pour le printemps qui vient !

Malgré un mode de scrutin injuste, malgré une compétition inégale, parce que la gauche a su se rassembler, nouer un vrai dialogue, porter un message de confiance aux élus locaux, les dix ans de victoires locales que vous incarnez se concrétisent enfin.

Aujourd’hui, le Sénat est pleinement, démocratiquement, le représentant des collectivités locales. Il est en harmonie avec les majorités locales dans les territoires.

Il nous appartient désormais de former une nouvelle majorité sénatoriale avec nos partenaires, avec celles et ceux qui voudront nous rejoindre. Car les résultats de dimanche nous obligent, et nous rendent encore plus responsables.

L’alternance au Sénat redonne toute sa force à notre démocratie. Elle doit revivifier et régénérer le bicamérisme. Ce bicamérisme, ce bicamérisme rénové, à la française qui, j’en suis convaincu, conserve toute sa raison d’être et toute son actualité dans nos institutions aujourd’hui. Le Sénat, longtemps synonyme du conservatisme le plus immuable, va donc pouvoir connaître enfin le changement.

Changement pour nos territoires, d’abord.

Nous l’avons dit et redit, tout au long de notre campagne, et je crois que nous partageons toutes et tous ici ce diagnostic : il y a un malaise profond dans les territoires. Malaise dans les services publics locaux, malaise dans les finances publiques locales, malaise chez nos collègues élus locaux. Et le Sénat, je regrette d’avoir à le dire, n’a pas joué son rôle à cet égard. Il n’a su défendre ni les collectivités, ni les élus. Pire, il n’a pas empêché leur stigmatisation. Il ne les a pas assez associés à la conduite des politiques publiques ni aux grands enjeux qui intéressent notre pays. Il faudra donc y remédier, en recréant l’écoute et le lien avec les territoires, et en permettant un nouveau souffle pour la décentralisation.

Nous allons également impulser le changement au sein de nos institutions. Que ce soit sur la loi dite de réforme territoriale, sur les finances publiques locales, on l’a vu aussi sur la réforme des retraites… la voix du Sénat n’est plus entendue.

Et, bien sûr, changement pour le Sénat lui-même. Nous en avons souvent parlé. J’y ai moi-même beaucoup réfléchi, dans mes échanges avec vous, dans le rapport à notre candidate en 2007, dans un petit ouvrage que j’ai publié récemment à la Fondation Jean-Jaurès.

Oui, le changement : telle est aujourd’hui notre ardente obligation. Mais regardons un instant en arrière. Regardons notre Histoire. L’Histoire de la gauche comme l’Histoire du Sénat :

-  Un retour aux sources de la gauche, parce que le Sénat va redevenir le vrai représentant des collectivités territoriales et de la décentralisation. Et la décentralisation, c’est nous ! C’est nous qui l’avons inventée, conçue, portée, réalisée, incarnée, tout au long des trente ans qui se sont écoulés depuis les grandes lois Defferre qui ont marqué le premier septennat de François Mitterrand ; alors c’est à nous, désormais, de prolonger ces réformes. C’est à nous de faire du Sénat l’institution dans laquelle se reflétera la décentralisation telle qu’elle dessine aujourd’hui notre pays.

-  Retour aux sources, enfin, pour les défenseurs des libertés. Car là aussi, le Sénat a un rôle essentiel, dans une période où, loi après loi, les libertés publiques et individuelles régressent et sont même tout simplement bafouées.

C’est donc à nous qu’incombe aujourd’hui la lourde tâche de ce changement, de ce retour aux sources. Et c’est dans cet état d’esprit, avec sérénité et détermination, que je sollicite votre confiance.

Cette candidature, mes chers collègues, je ne la prends pas à la légère. Elle est le résultat d’un long cheminement, l’aboutissement d’un long parcours à vos côtés, dans les bons moments comme dans les moins bons. Vous le savez, je suis un militant. Vous le savez, j’ai exercé de nombreuses responsabilités à la direction du Parti socialiste, ce qui ne m’empêche pas, par ma nature, d’être toujours ouvert à ceux qui ne partagent pas, en tout point, mes convictions et mes engagements.

C’est le cas de la plupart d’entre vous : plusieurs mandats m’ont été confiés par les électeurs de mon département :

-  Maire d’une petite commune rurale, Mijanes ;

-  Conseiller régional de Midi-Pyrénées, aux côtés de Lionel Jospin ;

-  Conseiller général d’un canton confronté aux difficultés immenses et souvent dramatiques liées à la disparition de milliers d’emplois ;

-  Maire d’une ville moyenne, Lavelanet ;

-  Sénateur depuis 1998, membre du bureau du Sénat en 2001, président de notre groupe, depuis maintenant sept ans.

 

C’est ainsi que je résumerai mon parcours, fait d’attachement au territoire et d’action politique nationale.

Et cet engagement vient de loin, du plus profond de mon histoire personnelle et familiale, marquée par un socialisme jauressien, par l’espérance d’un monde meilleur, imprégné par les idéaux de la Résistance qui ont baigné mon enfance et ma jeunesse.

Je connais désormais bien notre Sénat, et sa culture parlementaire propre. J’y ai tissé des liens, avec vous, avec d’autres de nos collègues. Je me suis totalement impliqué dans la campagne des sénatoriales, auprès de nos candidats, dont bon nombre sont aujourd’hui ici, et je veux saluer leur victoire. Depuis des mois, je travaille avec nos amis communistes, radicaux de gauche et avec nos amis d’Europe Ecologie Les Verts.

Riche de ces expériences variées, toutes pour moi également fondamentales, je veux aujourd’hui faire vivre notre ambition pour le Sénat :

-  Une ambition nouvelle pour nos territoires ; nous avons beaucoup travaillé sur ce sujet essentiel. Loin de la récente réforme territoriale, nous devons mieux les armer pour faire face aux défis de l’époque, pour renforcer l’intercommunalité sans détruire les communes, pour permettre aux départements de jouer leur rôle, pour accroître la force de frappe des régions. C’est aussi une nouvelle ambition pour préserver et moderniser nos services publics, retrouver le chemin d’une croissance forte et durable à l’heure où la crise semble trop souvent une fatalité ;

-  Ambition mais aussi une confiance retrouvée entre le Sénat et les élus locaux ; aujourd’hui, ce lien, pourtant essentiel, est rompu. A nous de le faire revivre. C’est pour cela que je souhaite, dès les mois qui viennent, tenir des états généraux avec les élus locaux, pour échanger avec eux sur les grands enjeux que nous connaissons bien. Car ce n’est qu’ainsi, ensemble, que nous pourrons trouver et mettre en œuvre des solutions adaptées et pertinentes ; que ce soit sur la simplification des normes ou sur d’autres sujets ;

-  Un Sénat plus moderne, plus modeste, plus transparent, pour être en phase avec la France d’aujourd’hui. Pour ne pas prêter le flanc à la critique, nous devons donner l’exemple, tout en permettant naturellement à chaque sénateur d’exercer pleinement son mandat de parlementaire ;

-  Un rôle nouveau au cœur de nos institutions ; j’en suis convaincu, le bicamérisme, rénové, à la française demeure non seulement utile, mais nécessaire et même indispensable. Pour améliorer la qualité de la loi ; pour faire valoir les intérêts des territoires ; pour défendre les libertés. Oui, je le dis comme je le pense : nous devons être fiers d’être sénateurs ! Nous devons renforcer notre rôle de contrôle sur l’action de l’exécutif, sur laquelle, nous le savons, il y a beaucoup à dire. Je suis tout aussi persuadé que le Sénat doit renforcer son rôle et ses moyens en matière de prospective, pour participer activement à la préparation de l’avenir. Je pense qu’il y a là un chantier intéressant à ouvrir.

A nous de nous saisir de nos prérogatives, comme le Sénat a su le faire dans l’Histoire, pour être une chambre où la liberté de parole et de pensée prévaut face à tous les pouvoirs et contre toutes les forfaitures, jadis dénoncées par Gaston Monnerville !

-  Et il nous faut participer activement aux échéances et aux grands moments qui vont suivre, jusqu’en 2012, et après. Notamment en faisant entendre des propositions fortes, comme c’est le cas avec notre pacte fiscal pour les territoires et avec le pacte territorial que nous avons élaboré. En dressant un bilan de l’état de la France qui soit à la fois sans complaisance et exempt d’esprit partisan. Un bilan objectif des politiques menées depuis que la droite est au pouvoir, et de son impact sur les Français.

C’est à cela que nous devons désormais nous employer, en permettant à chacune et chacun d’entre nous de trouver sa place pour participer à l’œuvre commune.

Rien ne sera possible sans votre confiance, sans votre appui.

Nous allons devoir assumer, ensemble, des responsabilités nouvelles. Votre concours, votre engagement, votre implication sont essentielles à cette réussite commune.

Mes chers collègues,

Je mesure l’ampleur de la tâche.

Je me suis préparé.

J’ai fait ce qu’il m’a semblé être mon devoir, de militant, d’élu, de président de groupe.

C’est pour moi un grand honneur, une grande émotion aussi, que de présenter ma candidature devant vous, pour être samedi notre candidat à la présidence du Sénat.

Je le fais avec humilité et enthousiasme.

Je le fais avec détermination.

Je le fais avec la conscience du moment historique que nous vivons.

Je le ferai, avec votre confiance, si vous me l’accordez.

Je vous remercie.

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