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Le premier ministre Jean-Marc Ayrault devant les sénateurs socialistes.

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Consulter le discours du Premier Ministre aux sénateurs socialistes lors de la réunion du groupe le 5 juin 2012.

Monsieur le Président du Sénat, cher Jean-Pierre,
Monsieur le président du groupe, cher François,
Chers amis, chers camarades,

Comment ne pas commencer par vous dire la fierté que j’ai à me retrouver parmi vous ce matin ? La dernière fois que je suis venu c’était pour une réunion commune entre les sénateurs et les députés socialistes en pleine campagne présidentielle. La victoire a suivi.

Des Premiers ministres socialistes, vous en avez déjà reçu quelques-uns. Certains ont même été si ravis de l’accueil qui leur était réservé, qu’ils ont souhaité y revenir après leur passage par l’hôtel Matignon !.. Je pense particulièrement à Pierre Mauroy à qui je veux rendre ici hommage.

Non, ma fierté, c’est d’être le premier Premier ministre – socialiste - à être accueilli par le groupe socialiste dans un Sénat qui a basculé à gauche.

Je vous regarde et je vois le parcours, la détermination, l’endurance qu’il a fallu à nombre d’entre vous pour être élus et pour donner cette majorité au Sénat.

On s’est habitué vite à cette nouvelle configuration et pourtant… Il y a un peu plus d’un an, ils furent peu nombreux ceux qui – à l’instar de Jean-Pierre Bel - pariaient sur cette victoire. Elle n’en fût que plus belle. Aujourd’hui je suis particulièrement heureux de la retrouver à la tête du Sénat après que nous ayons mené de nombreux combats en commun, lui à tête du groupe socialiste du Sénat et moi à la tête de celui de l’Assemblée nationale.

Ce 25 septembre a été notre première victoire lors d’une élection nationale depuis 1997. Cela faisait 15 ans, oui 15 ans ! que nous n’avions plus gagné une majorité au Parlement. Vous avez été le premier signal de la reconquête de la gauche. Vous avez été les premiers de cordée, vous avez précédé une majorité à l’Assemblée Nationale qui je l’espère se concrétisera le 17 juin.

Vous avez surtout créé l’élan indispensable à la victoire de François Hollande le 6 mai. C’est vous qui, les premiers, avez pris en compte le malaise dans les territoires, la colère devant la disparition des services publics et l’accroissement des inégalités entre les Français.

C’est vous qui avez convaincu ces maires, ces adjoints, ces conseillers municipaux sans étiquettes, ces femmes et ces hommes dévoués à la vie de leur village, de leur canton, de s’engager sur la voie du changement.

Je veux donc vous saluer et vous remercier pour le travail accompli.
Permettez-moi une mention particulière toutefois pour nos amis ultramarins qui ont élu 11 sénateurs des Antilles, de Guyane, de la Réunion, de Saint Pierre-et-Miquelon de Mayotte ou de Polynésie.

Nous avons tant espéré ensemble cette alternance. Nous allons maintenant travailler ensemble.

Pour marquer mon attachement au bicamérisme, je viendrai moi même - au lendemain de leur présentation à l’Assemblée - vous exposer les grandes lignes de l’action gouvernementale.

Le Sénat va être une chambre utile dans la période qui s’ouvre. La qualité de ses travaux est reconnue. La qualité de ses membres aussi. C’est l’expérience et l’expertise accumulées ici qui peut nous aider demain à produire des textes de qualité, c’est-à-dire applicables.

Je suis partisan de la novation, mais notre pays est aussi un vieux pays, qui a ses permanences. Je sais qu’ici vous saurez conjuguer la nécessité du changement avec la pédagogie nécessaire pour vaincre les résistances et les conservatismes.

Le bicamérisme sera donc respecté.

Je donnerai à chacun de mes ministres la consigne d’associer dès l’amont les sénateurs plus particulièrement intéressés sur l’ensemble des projets de loi.

Nous espérons ensemble une majorité large et cohérente à l’Assemblée Nationale. Cette majorité aura constitutionnellement le dernier mot dans les navettes parlementaires.

Je souhaite toutefois que le recours à cette facilité institutionnelle demeure l’exception. Je souhaite que les aller-retour entre les deux chambres permettent d’aller, sur chaque projet ou proposition de loi, jusqu’au terme de la réflexion. Je souhaite que vous trouviez la capacité aussi souvent que possible à trouver des accords en commission mixte paritaire. Là encore je donnerai consigne au gouvernement de respecter le travail réalisé et de ne contrevenir à ces compromis que dans des cas qui le justifient pleinement.

Le Parlement n’est pas une simple « chambre d’enregistrement ». Il est le lieu où réside la souveraineté nationale. J’ai été président de groupe pendant 15 ans, ces mots ne sont pas pour moi une simple figure de style.

A travers le président du Sénat et le président du groupe, vous serez associés à toutes les grandes décisions du gouvernement. Nous nous réunirons chaque semaine dès le 19 juin.

Plus largement, je souhaite que soient valorisées les réflexions et contributions du Sénat.

Vous avez déjà beaucoup travaillé sous des formes diverses : PPL, missions de contrôle, travaux dans les commissions. Vos dernières productions rejoignent le coeur des préoccupations du gouvernement (encadrement des loyers, réindustrialisation, Livre blanc de la Défense, transition énergétique, TVA sociale, retraites). Vous devez être une source d’inspiration constante du gouvernement.

Enfin, vos travaux d’évaluation et de contrôle doivent nous servir à mesurer notre propre efficacité et à améliorer constamment la qualité de ce que nous décidons.

Je sais que vous êtes impatients de vous remettre au travail dans l’hémicycle. Je le comprends. Tant la tâche est grande pour redresser le pays dans la justice.

Je souhaite cependant que les auditions de ministres, comme les débats en séance publique attendent la mise en place de la majorité à l’Assemblée.

Ce souhait ne repose sur aucune volonté de vous brider et moins encore de sous-estimer la qualité de vos travaux.

Vous comprendrez néanmoins que je ne souhaite pas que les Français découvrent - par tranches successives – les orientations du gouvernement. C’est la raison pour laquelle je souhaite présenter la politique du gouvernement dans sa cohérence et sa globalité avant que la session ne reprenne vraiment.

Ensuite il sera grand temps de faire avancer des projets attendus, au premier rang desquels vous avez souhaité faire figurer la réécriture de la loi sur le harcèlement sexuel.

Ce projet de loi sera donc examiné en premier lieu par votre assemblée.

Constitutionnellement, tout projet de loi « ayant pour principal objet l’organisation des collectivités territoriales » doit vous être soumis en premier lieu.

Je souhaite que nous fassions mieux encore.

A l’initiative de son président, le Sénat a engagé des États généraux de la démocratie locale afin de recueillir la parole des élus locaux sur leurs attentes et leurs propositions.

Un comité de pilotage présidé par notre ami Yves Krattinger s’est immédiatement mis au travail. Composé de sénateurs de tous les groupes politiques et des grandes associations d’élus, ses apports seront précieux.

Après une 1ère phase qui s’est achevée le 6 mars dernier qui consistait essentiellement dans la collecte des doléances des 550 000 élus locaux, viendra le temps des rencontres interrégionales qui doivent se conclure à Paris à l’automne et préparer une nouvelle étape de la décentralisation.

Eh bien, le gouvernement sera attentif à ne rien entamer sur le plan législatif avant l’achèvement de votre réflexion.

Le Sénat sera le porteur de la réforme territoriale.

Voilà chers amis, les premiers mots que je souhaitais vous adresser.

Je voulais vous dire mon amitié, et mon attention à votre travail.

Les Français ont accordé leur confiance à François Hollande et je ne doute pas qu’ils fassent le choix de la cohérence et du changement les 10 et 17 juin prochains.

Je sais aussi que cette campagne, de toutes celles auxquelles il m’a été permis de participer, aura été celle où le scepticisme de nos concitoyens aura été le plus fort.

Après cinq années où les engagements auront été si souvent balayés, où la parole publique aura été si souvent dévaluée, il nous appartient maintenant de rendre confiance au-delà de nous-même, en la politique.

Cela suppose notre exemplarité et notre travail. Sans relâche.

Je sais pouvoir compter sur vous.

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