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Déclarations d’Orléans : quand l’état rejette ses fautes sur les magistrats

Thématique : Pouvoirs publics/Institutions/Etat
Justice/sécurité

Date : 3 février 2011

Type de contenu : Communiqué de presse

Alain ANZIANI, Sénateur de la Gironde et chef de file du Groupe socialiste au Sénat pour le projet LOPPSI s’indigne des déclarations du Président de la République lors de son déplacement à Orléans le 3 février. Nicolas Sarkozy a rejeté sur les magistrats et les services pénitentiaires la responsabilité de la tragédie de Pornic. Il s’agit pour lui de faire oublier l’écrasante responsabilité de l’Etat dans l’affaiblissement constant des moyens consacrés à la sécurité des Français.

 

Fidèle à ses (mauvaises) habitudes, le Président de la République s’empare d’un fait divers pour masquer l’incurie de sa politique en matière de sécurité. Comme il l’avait fait avec la rétention de sûreté après l’affaire du petit Enis, Nicolas Sarkozy a d’abord envisagé de recourir une nouvelle fois à la loi. Mais la recette est usée: quatre lois en cinq ans sur la récidive, dont certaines ne sont pas encore appliquées, n’ont pas permis de répondre à des drames comme celui de Pornic.

Alors, il fallait s’en prendre aux magistrats et demander des sanctions !  Là encore, le procédé est désormais classique. Quoi de mieux qu’une visite dans un commissariat de police pour se défausser sur des magistrats présentés comme laxistes et irresponsables ? 

En plaçant exclusivement la question sur le terrain de la responsabilité individuelle des agents, Nicolas Sarkozy évite d’aborder une responsabilité bien plus lourde : celle de son gouvernement ; la sienne !

A Nantes comme ailleurs, l’application aveugle de la RGPP et une gestion de pénurie des politiques de sécurité et de justice ont conduit à une dégradation sans précédent de tous les acteurs de la chaine pénale. L’Etat en était avertie de longue date : les services d’insertion et de probation et les juges d’application des peines avaient écrit à leur hiérarchie pour l’avertir de l’impossibilité d’accomplir leurs missions de service public. Quelles ont été les réponses : refus de la chancellerie de créer un nouveau poste de JAP ; décision des services centraux de l’Administration pénitentiaire que les SPIP ne suivraient plus que les criminels les plus dangereux…

L’affaire de Pornic est une nouvelle preuve, tragique, de l’échec total de la politique de sécurité menée par cette majorité depuis 2002. Multiplication des fichiers de police, élargissement sans fin de la notion de récidive, rétention de sûreté, peines plancher… : sans moyens, cet arsenal est impuissant.

Alain ANZIANI tient à affirmer son soutien au mouvement de grève des magistrats nantais et souligne que l’opposition entre police et justice, autre technique prisée par Nicolas Sarkozy, a fait long feu, puisque les policiers nantais ont affirmé leur solidarité avec les magistrats. Ce mécontentement de tous les agents, policiers ou magistrats, qui assurent quotidiennement la sécurité des Français en dépit de conditions de travail de plus en plus précaires, est à présent largement partagé dans les forces de police comme l’a montré le mouvement des CRS ces derniers jours.

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