Vous êtes dans : Accueil > Travaux parlementaires > Coordination des politiques économiques au sein de l'Union européenne > Coordination des politiques économiques au sein de l'Union européenne : intervention de Jean-Pierre BEL
Thématique :
Pouvoirs publics/Institutions/Etat
Union européenne
Date : 17 février 2011
Type de contenu : Intervention
M. Jean-Pierre Bel : - Notre pays traverse la pire crise financière, économique et sociale depuis les années 20 et cette situation met l'Europe au défi. Aujourd'hui, la coordination des politiques prend la forme d'interdictions et de sanctions : voyez le Pacte de stabilité et de croissance ! La monnaie commune n'est pas accompagnée d'un projet économique commun, qui évite la tentation de cavalier seul. M. Chevènement écrit dans son dernier livre que la crise grecque est la répétition générale des crises à venir. Or, les réponses apportées ne permettent pas à l'Europe de tirer le meilleur d'elle-même. Le paquet législatif de la Commission, le rapport du groupe Van Rompuy, les propositions du Parlement européen, celles des socialistes européens ouvrent un débat ; cette proposition de résolution a le mérite de mettre l'accent sur l'aspect social et surtout sur l'exigence de démocratie. La coordination proposée par Bruxelles et le « semestre européen » adopté en septembre ont un défaut : ils contournent le Parlement européen et les parlements nationaux, dont le premier rôle est de consentir à l'impôt et de voter le budget.
Il faut concilier souveraineté et coordination. Cette dernière doit être mise au service de politiques de progrès, dans une dynamique collective.
Un mécanisme permanent de gestion de crise s'impose. Le Fonds européen de stabilité financière est un premier pas mais n'est pas un instrument de convergence ; il agit plus, pour l'instant, pour faire face aux urgences. Si la stratégie de Lisbonne a échoué, c'est surtout par manque d'investissement public ; lançons de grands emprunts européens pour financer de grands projets et faisons réussir la stratégie Europe 2020.
A nous de suivre le bon chemin en démocratisant la coordination et en privilégiant la souveraineté et la solidarité.