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Débat petite enfance : intervention de René-Pierre Signé

Thématique : Education/jeunesse/sport/recherche

Date : 25 mai 2011

Type de contenu : Débat

M. René-Pierre Signé :

Monsieur le président, madame la secrétaire d'État, mes chers collègues, l’ambition que l’on peut nourrir pour l’enfant ne peut se séparer de son milieu ambiant et de son environnement parental. La croissance de l’enfant passe par différentes phases ou paliers successifs bien connus et qui peuvent être évalués suivant des normes mesurables.

On voit que les écarts entre les enfants issus de milieux différents vont en s’élargissant au fur et à mesure qu’ils avancent en âge et que l’on peut citer et tester les paliers successifs.

À la crise d’opposition des trois ans succède une période de séduction marquée par l’imitation des adultes et la recherche de l’accord affectif. Puis, l’éveil de la conscience réfléchie se poursuit par la prise de conscience de soi comme enfant. Enfin, le besoin de se situer dans le monde ambiant amène l’enfant à s’insérer dans de petits groupes clos ayant leurs règles qui intensifient le lien social.

Cependant, madame la secrétaire d'État, le développement normal ne se fait pas dans le vide ni à partir de rien ; le cadre dans lequel il apparaît comporte l’influence de deux variables majeures : l’hérédité et le milieu. Leur importance respective a fait l’objet de nombreuses études. L’importance de l’hérédité des caractéristiques psychiques dans le destin individuel a été battue en brèche au bénéfice de celle du milieu, qui s’exerce par le biais de l’éducation.

Toute ressemblance de caractère que l’on peut observer entre parents et enfants est attribuée à l’imitation précoce. La transmission héréditaire des caractéristiques individuelles paraît beaucoup plus liée au milieu culturel des parents qu’à des données génétiques. Les études de René Zazzo sur les jumeaux homozygotes – c’est-à-dire nés d’un même ovule et du même spermatozoïde et qui ont un potentiel héréditaire strictement identique – ont démontré que, si ces jumeaux sont élevés dans des milieux socio-économiques différents, leur niveau intellectuel n’est plus identique, la différence étant toujours en faveur du jumeau qui a grandi dans le milieu le plus favorisé.

Le milieu socioculturel agit par ces modèles de comportement, donc par les conditions éducatives. Et son influence est déterminante par le fait même que la relation enfant-milieu structure le moi de l’enfant.

Les inégalités éducatives ne sont pas seulement un problème scolaire, elles revêtent aussi un aspect social. L’origine sociale dicte l’imitation précoce. C’est cette inégalité que l’école doit gommer, et qu’elle gomme partiellement si on lui en donne les moyens. L’ambition que l’on peut avoir pour la petite enfance se situe bien là !

Notre position et notre insistance pour l’ouverture de la maternelle à deux ans et pour l’aide personnalisée efficace n’ont pas d’autres fondements. Foin des jardins d’éveil, qui ne sont que des garderies ! Une intelligence éveillée et stimulée très tôt permet à l’enfant de se développer dans des conditions les meilleures et d’atteindre des niveaux inaccessibles à des élèves qui n’ont pas bénéficié de conditions socio-économiques et culturelles identiques et qui en ont pâti, sans que leur intelligence puisse être mise en cause

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