Vous êtes dans : Accueil > Travaux parlementaires > L'apprentissage : la séance de questions cribles > Apprentissage : questions cribles , intervention de Ronan Kerdraon
Thématique : Education/jeunesse/sport/recherche
Date : 17 mai 2011
Type de contenu : Contrôle
M. Ronan Kerdraon :
Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, course aux diplômes, chômage, précarité, la jeunesse est souvent devenue synonyme de galères à répétition.
Avec la crise, près de 25 % des jeunes de moins de vingt-cinq ans se trouvent au chômage ! Les missions locales peuvent en témoigner.
Dans ce contexte, une formation professionnelle adaptée est plus que jamais un atout pour pouvoir accéder à l'emploi.
D'ailleurs, une étude récente de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques, la DARES, confirme que près des deux tiers des jeunes sortis d'un contrat d'apprentissage avaient un emploi à l'issue de leur formation. Ils étaient même 86 % au bout de trois ans.
L'apprentissage est donc bien une voie efficace et d'avenir. C'est un précieux sésame pour les jeunes, une fois réglée la difficulté que constitue la recherche d'un maître d'apprentissage.
Or c'est là que les choses se compliquent ! Certains jeunes ne parviennent pas à trouver de maître d'apprentissage ou, du moins, rencontrent des obstacles pour y parvenir.
Pour ne prendre qu'un seul exemple, la récente réforme du bac professionnel, qui passe de deux à trois ans, a suscité des doutes, sinon des interrogations parmi les artisans.
La difficulté à trouver un maître d'apprentissage s'explique aussi par la crise économique. C'est notamment vrai dans le secteur du bâtiment, où les difficultés de trésorerie encouragent les hésitations des artisans à embaucher des apprentis.
Dans ce contexte, votre gouvernement n'a mis l'accent que sur le développement quantitatif de l'apprentissage.
En effet, l'État a fixé de façon unilatérale aux régions un objectif d'accroissement de près de 50 % des jeunes en apprentissage à l'horizon 2015, soit 600 000 apprentis, contre 420 000 actuellement.
Or, comme vous l'a récemment indiqué mon collègue François Patriat lors d'une séance de questions d'actualité au Gouvernement, l'apprentissage « ne se décrète pas ». Il « dépend des entreprises, des jeunes et des places disponibles dans les CFA ».
Pour leur part, les régions œuvrent pour renforcer l'attractivité de cette voie de formation en mettant l'accent sur la qualité des formations et des conditions matérielles. Elles ont également contribué à rénover les CFA et à développer des partenariats efficaces.
Elles sont prêtes à assumer le pilotage d'un service public. Une réflexion sur la gestion de la taxe d'apprentissage mériterait d'être envisagée.
Je conclurai en citant Elie Wiesel : « Lorsque je rentrais de l'école, ma mère ne me demandait jamais : “As-tu bien répondu ?”, mais “As-tu posé la bonne question ?” »
Madame la ministre, posons-nous ensemble les bonnes questions !
--------
M. Ronan Kerdraon
Madame la ministre, je ne relèverai pas vos propos caricaturaux sur la question que je vous ai posée.
L'État, effectivement, a fixé un certain nombre d'objectifs aux régions, mais sans tenir compte de la situation existante ni de la démographie des jeunes de seize à vingt-cinq ans dans chaque région. Il ne s'est certainement pas soucié non plus des particularités régionales.
Les aménagements réglementaires que vous proposez ne correspondent pas aux ambitions affichées. Je rappelle que depuis plus de dix ans de nombreuses lois ont concerné l'apprentissage. Or ces textes sont peu efficients, car les décrets d'application n'ont pas tous été publiés. Par ailleurs, des modifications à répétition ont engendré de la confusion chez tous les acteurs du secteur.
Au-delà des effets d'annonce, madame la ministre, il conviendrait de travailler de manière plus approfondie.