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Intervention de Didier Guillaume.

Thématique : Solidarité/Santé/Sécurité sociale

Date : 25 janvier 2011

Type de contenu : Intervention

Didier Guillaume :  S'agit-il de rejouer la querelle des Anciens et des Modernes ? J'ai honte de ce que je viens d'entendre.  Le ministre a demandé que chacun délibère dans la sérénité : ce que l'on vient d'entendre offense la dignité. Le Premier ministre l'a écrit : toutes les convictions sont respectables. (Marques d'approbations)

Il est légitime que le législateur s'interroge. Le manichéisme n'est pas de mise. Ce texte, monsieur le ministre, ne porte pas sur l'euthanasie : il concerne l'accompagnement du malade en fin de vie, pour le soulager en cas de souffrances incurables. Notre commission s'est retrouvée autour d'un texte équilibré, dont le Sénat peut être fier ; que chacun se détermine en son âme et conscience. C'est l'honneur de la Haute assemblée d'avoir un tel débat ce soir ! (Applaudissements à gauche)

Que ce débat vive est une marque de bonne démocratie. En 1944, le droit de vote aux femmes, en 1975, l'IVG, en 1981, l'abolition de la peine de mort : autant de débats, autant de chances pour notre démocratie. C'est là ce qui compte, bien plus que les sondages.

La loi Leonetti n'est pas allée aussi loin. Le texte de notre commission la prolonge. Il consacre le droit de choisir en même temps qu'il rappelle l'obligation d'accès aux soins palliatifs. Je salue, au reste, tous les soignants qui s'y consacrent. Mais seuls 20 % des malades en fin de vie y ont aujourd'hui accès.

L'autonomie de la volonté, monsieur le ministre, c'est la lettre de Vincent Humbert au président de la République. Si cette loi était votée, un cadre juridique existerait enfin, qui éviterait l'hypocrisie. Quand on n'en peut plus, qu'il n'y a pas d'autre issue, tous les garde-fous étant mis, on doit pouvoir abréger ses souffrances, dans la dignité. Nous ne débattons pas dans l'émotion et la précipitation, monsieur le ministre : nous voulons légiférer dans la dignité et la responsabilité. (Applaudissements à gauche)

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