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Intervention de Patricia Schillinger

Thématique : Solidarité/Santé/Sécurité sociale

Date : 25 janvier 2011

Type de contenu : Intervention

Patricia Schillinger. - Je salue l'excellent rapport et le courage de M. Godefroy et je remercie Mme Dini d'avoir soutenu ce texte.

Comme le dit André Comte-Sponville : « Certes, c'est la vie qui vaut, mais elle vaut d'autant plus qu'elle est davantage libre ». C'est en ce sens que le Comité consultatif national d'éthique a raison de parler d'une exception d'euthanasie. Qui dit exception dit règle. La règle, évidemment, c'est le respect de la vie humaine, mais respecter vraiment la vie humaine c'est aussi lui permettre de rester humaine jusqu'au bout. »

La loi Leonetti ne répond pas aux voeux de ceux qui veulent mourir autrement que de faim ou de soif. C'était le cas de Vincent Humbert, qui demandait à éviter l'agonie, qui voulait garder sa dignité. Or, ce n'est pas possible aujourd'hui.

Il ne s'agit pas d'ouvrir un droit à l'euthanasie pour tous : l'encadrement est strict, les cas seront exceptionnels. La responsabilité ne doit pas en revenir au seul médecin. L'euthanasie est pratiquée clandestinement, il faut le reconnaître pour accepter la légalisation. La loi reconnaîtra une exception d'euthanasie, strictement contrôlée.

Accompagner la mort dans la dignité est un acte d'amour. La volonté de mourir peut l'emporter sur l'intérêt pour la vie, quand celle-ci est devenue insupportable : c'est alors qu'il faut encore écouter le patient, et je sais, pour avoir travaillé en milieu hospitalier, que dans ces cas de détresse absolue la demande de délivrance devient un droit ! Laissons à ceux qui l'expriment cette ultime liberté. (Applaudissements à gauche)

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