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Intervention de Ronan KERDRAON

Thématique : Solidarité/Santé/Sécurité sociale

Date : 25 janvier 2011

Type de contenu : Intervention

Ronan KERDRAON : Ce texte porte sur l'assistance médicale, pas sur l'euthanasie : il ne s'agit pas de donner la mort, mais d'accompagner une mort choisie.

Notre débat est historique, parce que jamais l'initiative parlementaire sur ce sujet n'était venue conjointement de sensibilités différentes. Je respecte toutes les convictions, mais le sujet relève du politique, au sens noble du terme. Apporter une réponse à la question du choix de sa propre mort, c'est dire vers quelle société nous volons aller. « L'homme libre », a écrit Léon Blum, « est celui qui n'a pas peur d'aller jusqu'au bout de sa pensée ».

Les soins palliatifs se sont développés, mais nous sommes encore loin d'un accès universel ! La loi Leonetti n'est pas satisfaisante, la politique du laisser-mourir est intolérable ; les témoignages dans les cas de Vincent Humbert ou de Chantal Sébire démontrent les souffrances de l'entourage, sa culpabilité. Ayons aussi l'honnêteté de reconnaître que tous les malades ne sont pas égaux. Quelle hypocrisie ! Aux uns, le voyage en Suisse, aux autres, la mort difficile, les souffrances abrégées sur la seule décision des soignants.

En février 2007, Nicolas Sarkozy appelait à ne pas rester « les bras ballants » devant la souffrance de ceux qui veulent que cela se termine, « tout simplement parce qu'ils n'en peuvent plus ». Je suis d'accord avec lui ! C'est à quoi tend ce texte, qui prévoit un encadrement très strict pour s'assurer du caractère libre, éclairé et réfléchi de la décision, comme du caractère incurable de la maladie.

Avec ce texte, le patient est au coeur du processus décisionnel. Toutes les garanties sont apportées de transparence et de contrôle. Ou bien nous continuons de fermer les yeux sur les euthanasies nombreuses qui ont lieu dans la clandestinité, ou bien nous améliorons le droit. Le choix, c'est entre la confusion et l'hypocrisie actuelle, et un dispositif républicain de libre choix ! La vie est précieuse, nous devons la respecter jusqu'à son terme, y compris dans la décision de chacun d'en choisir celui-ci.

Les Français ne seraient pas prêts ? Les sondages disent l'inverse, nos voisins belges ou néerlandais ont montré depuis dix ans que la légalisation était un progrès.

Comme la majorité du groupe socialiste, je voterai ce texte. 

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