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L'intervention de François Rebsamen en ouverture des journées parlementaires socialistes de Dijon

Lire l'intervention du président du groupe socialiste du Sénat:

 

 

François Rebsamen

Sénateur Maire de Dijon, Président du groupe socialiste du Sénat

Intervention pour l’ouverture des Journées Parlementaires de Dijon

 

Seul le prononcé fait foi

 

Mes chers collègues, chers amis, chers camarades,

 

Je suis heureux de vous accueillir aujourd’hui à Dijon pour les premières journées parlementaires de cette nouvelle législature marquée, enfin, par l’élection de François Hollande à la présidence de la République.

 

Bienvenue à Dijon, ma ville, mes racines, mes attaches, Dijon que j’ai conquise sur la droite en 2001 et dont les habitants à chaque élection m’ont  renouvelé leur confiance.

Dijon et les dijonnais, mon point d’ancrage affectif et politique, constitutif de mes responsabilités nationales. 

Dijon, capitale de la Bourgogne, une ville chargée d’histoire, au riche patrimoine architecturale, et à la notoriété internationale pour sa gastronomie et son vin, bientôt récompensé, je l’espère, par le classement des climats de Bourgogne au patrimoine mondial de l’Unesco.

Pour ceux qui ne connaitraient les climats de Bourgogne, je citerai la phrase de Bernard Pivot « Partout dans le monde quand on parle du climat on regarde le ciel, ici entre Dijon et Beaune c’est la terre que l’on regarde ».

Dijon, connue aussi mondialement pour ses Pleurants, les petites statuettes d’albâtre qui soutiennent les tombeaux des Ducs de Bourgogne et qui après une tournée triomphale d’expositions aux Etats Unis, ont été exposés à Bruges, à Berlin, puis le seront à Paris avant de retrouver leur terre bourguignonne.

Forte de ce passé et de ce patrimoine, Dijon s’est aussi affirmée comme une capitale économique, universitaire (30 000 étudiants et professeurs), et culturelle -elle accueillera bientôt le premier musée écologique de France-

Dijon qui vient, avec 9 mois d’avance,  d’inaugurer la 1ère  ligne de son tramway – pour la 2ème  au mois de décembre j’ai convié le Président de la République - , plébiscité par les dijonnais : pas moins de 90 000 abonnements enregistrés dès l’ouverture.

Je veux dire ici ma fierté de voir que Dijon a su concilier son développement avec la préservation de sa qualité de vie, son attractivité extérieure avec le maintien des solidarités et du lien social.

Personnes âgées, petite enfance, éducation et activités parascolaires, insertion, formation des jeunes, aides aux entreprises, accueil des étudiants,  dans bien des secteurs nous avons souvent été précurseurs, parfois trop, c’est ainsi que pour construire plus de logements sociaux, nous avons racheté les terrains de l’Etat alors qu’en attendant un peu, grâce à François Hollande nous aurions pu en disposer gratuitement !

 

Dijon c’est aussi la ville du congrès du Parti socialiste de 2003, qui au lendemain du traumatisme de 2002 a reconduit François Hollande, notre Président dans ses fonctions de Premier Secrétaire.

Je me souviens que dans la motion qu’il présentait, il défendait déjà la taxe sur les transactions financières et la réorientation des missions de la Banque centrale européenne .

 

Nos journées parlementaires s’ouvrent dans un contexte très particulier

 

Tout d’abord  une nouvelle donne institutionnelle

 

Il y a un an, la gauche devenait majoritaire au Sénat.

Un basculement historique dans la Véme République qui a ouvert la voie à d’autres victoires : la présidentielle d’abord, les législatives ensuite.

Depuis le mois de mai, pour la première fois, la gauche est majoritaire non seulement à l’Assemblée mais également au Sénat.

Pour la première fois, la gauche a donc les moyens institutionnels pleins et entiers pour mener à bien des réformes d’envergure et pour mettre en œuvre la politique choisie par les français lorsqu’ils ont accordé leur confiance à François Hollande.

Contrairement aux bilans qui ont fleuri ici ou là sur les 100 jours, non seulement la nouvelle majorité s’est mise au travail dés la formation du gouvernement, mais elle a pris de nombreuses mesures  utiles et efficaces pour les français.

Une session extraordinaire a permis de voter des textes essentiels pour rompre avec la politique du quinquennat précédent et pour commencer à préparer le changement   : l’abolition de l’absurde majoration des droits à construire, et la loi de finances rectificative, qui a supprimé l’injuste TVA sociale et qui constitue un premier pas vers la justice fiscale et le rétablissement de l’équilibre des comptes publics.

Au-delà de ces textes, beaucoup d’autres choses ont été faites en 3 mois : LE coup de pouce au SMIC, l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire,  les 1000 recrutements complémentaires dans le primaire, le retour à la retraite à 60 ans pour ceux ayant commencé à travailler tôt.

Notre rôle de parlementaires et d’élus c’est aussi d’expliquer, de rappeler ce qui a été fait. 

La majorité précédente préférait les paroles aux actes.

Nous nous agissons, mais dans notre volonté d’action, gardons nous de tomber dans l’excès inverse.

Acteurs du changement, nous devons être aussi les portes paroles du changement.

Le contexte de ces journées c’est aussi une exaspération de nos concitoyens face à la crise et à la dégradation de leurs conditions de vie. 

Les français sont impatients, le changement qu’ils ont choisi leur semble long à se concrétiser.

Leurs attentes sont à la hauteur des espérances qu’ils ont mises dans la gauche.

Mais on ne peut en 100 jours réparer les dégâts provoqués par 10 ans de gouvernement de droite et comme le disait un comédien qui soutient François Hollande le changement ne se fait pas comme un texto…..

Les chiffres du chômage, la situation économique, la dégradation du pouvoir d’achat, l’explosion de la dette et des déficits qui contraignent le gouvernement à des hausses d’impôts, résultent certes en partie de la crise mais surtout du manque d’anticipation et de l’incurie du quinquennat précédent.

A cet égard peut-être avons-nous sous estimé la capacité d’oubli de notre société ; nous devons faire preuve de pédagogie.

Aujourd’hui il faut le dire et le redire, les millions de chômeurs, les licenciements massifs, le déficit abyssal des comptes sociaux et des finances publics, la croissance en berne, ces milliers de jeunes qui sortent sans formation du système scolaire, ces seniors dans la force de l’âge, exclus du monde du travail, ces quartiers délaissés livrés aux bandes et à la violence, tout cela nous en héritons, c’est ce que Nicolas Sarkozy et sa politique ont  légué à la France ! Et les effets de cette politique ne se sont pas arrêtés au mois de juillet 2012 après le rapport de la cour des comptes. Nicolas Sarkozy avait lancé le paquebot France sur la voie du naufrage. Nous avons commencé à redresser le cap mais l’erre (c'est-à-dire la direction et la vitesse) d’un navire de cette importance ne se modifie pas du jour au lendemain.

Face à cette situation nous devons tout à la fois refuser la dictature de l’urgence, et accélérer la mise en œuvre du changement. 

Il nous faut rebâtir, reconstruire cette France traumatisée où les liens sociaux ont été rompus.

En luttant pour la croissance, pour l’emploi, pour le pouvoir d’achat, nous allons redonner espoir et confiance aux Français. 

L’agenda du redressement voulu par le Président de la République en est la feuille de route avec sa première traduction concrète dans la session extraordinaire ouverte le 11 Septembre.

Son ordre du jour confirme que les priorités de la majorité sont aussi celles des Français : L’emploi avec la création des emplois d’avenir et le logement avec le durcissement de la loi SRU et la mise à disposition gratuite des terrains de l’Etat. 

 

Le choix des travaux de nos journées parlementaires a été guidé par les enjeux prioritaires pour le changement et le redressement de notre pays.

D’abord l’éducation car tout se joue à l’école et  François Hollande en a fait, avec la jeunesse, la priorité de son quinquennat.

La recherche, condition de l’innovation donc de la compétitivité

Ensuite l’écologie et l’indispensable transition énergétique à laquelle François Hollande s’est engagé et dont il a dévoilé les bases  lors de la conférence environnementale. 

C’est notre première table ronde.

Dans celle de Jeudi nous aborderons  l’emploi et le pouvoir d’achat.

 

L’Europe occupe une place importante dans nos travaux .

La sortie de crise ne se fera que dans l’Europe et avec l’Europe.

Les avancées en terme de croissance, d’emploi et de solidarité financière, obtenues par François Hollande dans le paquet européen doivent maintenant être actées par le parlement.

Certes l’Europe a toujours fait débat au sein de notre parti et à Gauche en général.

Mais je souhaite que dans la conjoncture actuelle, aucune voix socialiste ne fasse défaut au vote de ce traité.

Il n’est sans doute pas parfait, mais il marque un pas essentiel vers l’Europe que nous voulons tous, plus soudée, plus solidaire, plus sociale.

La construction européenne est une succession de petit pas, nous venons d’en faire un grand, essentiel pour l’avenir.

Alors soyons nous aussi soudés et solidaires pour continuer à faire progresser notre vision de l’idéal européen. 

Tous les arguments peuvent être échangés et entendus, mais ils ne tiennent pas devant l’impérieuse obligation de soutenir la nouvelle orientation que François Hollande veut continuer à donner à l’Europe.

Je le dis en amitié et en considération à ceux qui pensent qu’on peut apporter un non de soutien au Président de la République : la meilleure façon de le soutenir c’est de dire oui au traité.

Je dirai un mot des propositions de loi que le groupe socialiste du Sénat va inscrire dans ses espaces réservés

La première touche à l’éducation : nous allons mettre un terme à la double peine qui frappe les parents d’enfants en grandes difficultés scolaires et abolir la suppression du versement des allocations familiales pour cause d’absentéisme scolaire de leurs enfants.

On ne peut ajouter une sanction pour l’ensemble d’une famille, à ce qui bien souvent est un drame quotidien du fait du décrochage scolaire d’un de ses enfants. Ce qu’il faut à ces familles c’est du soutien et à leurs enfants de l’aide dans leur scolarité. La suppression de cette sanction s’inscrit dans la droite ligne de la priorité fixée par notre Président : l’Education. 

Ensuite nous examinerons un texte relatif à la représentation communale dans les communautés de communes et d’agglomération. Nous supprimerons la réduction très substantielle des droits de représentation des communes, introduite par la droite en 2010 en proposant une meilleure transition entre les modes de représentation actuels et celui envisagé à l’avenir.

 

Plus tard en Novembre nous inscrirons la Proposition de Loi actant la reconnaissance du 19 Mars comme  date anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, reprenant le texte qui avait été adopté à l’Assemblée Nationale en 2000 et dont les 2 premiers signataires étaient François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

 

Mes chères collègues, chers amis, chers camarades,

La tâche qui nous attend est immense, elle est difficile, tant la situation de notre pays est dégradée, mais elle est exaltante car le redressement de la France, avec pour corollaire une vie meilleure pour nos concitoyens  est au bout du chemin.

Je sais que les parlementaires socialistes seront à la hauteur de l’enjeu en soutenant le Président de la République, le Premier Ministre et son gouvernement et en exerçant pleinement leur mission de législateurs du changement voulu par les français.

 

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