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Signes de qualité des produits agricoles : l’intervention de Franck Montaugé

Thématique : Agriculture/ruralité

Date : 3 avril 2019

Type de contenu : Intervention

Franck Montaugé :

 Monsieur le président, monsieur le ministre, madame, monsieur les rapporteurs, chers collègues, pour le citoyen qui en fait un enjeu de confiance, pour le consommateur qui s'y réfère dans son choix et pour le producteur qui y trouve le moyen de la différenciation et de la performance économique, la transparence, la traçabilité et les conditions de production sont aujourd'hui et plus que jamais au centre de l'acte commercial alimentaire.

Ces principes figuraient en bonne place dans la loi Égalim adoptée, et nous avons trouvé pour le moins surprenantes les très nombreuses décisions de rejet par le Conseil constitutionnel des articles les traduisant.

Montesquieu disait qu'il ne faut toucher aux lois que d'une main tremblante. Certainement faut-il aussi saisir le Conseil constitutionnel d'une main tout aussi tremblante. Nous avons perdu du temps, le travail est à reprendre… Soit ! Je tiens à remercier Marie-Pierre Monier, les rapporteurs Anne-Catherine Loisier et Henri Cabanel, ainsi que tous nos collègues qui se sont saisis de l'opportunité de cette proposition de loi pour remettre sur le métier l'ouvrage de la valorisation des produits agricoles et alimentaires.

L'article 1er, en complément de l'arrêt du Conseil d'État relatif à l'usage du mot « fermier », permet l'affinage extérieur à la ferme de produits sous SIQO si les liens entre les producteurs, le produit final et les pratiques traditionnelles d'affinage sont avérés. Le dispositif est offensif, tout en respectant le client final. Ce sera un progrès.

L'article 2 prend en compte des productions de vins en AOC, en permettant leur adaptation au changement climatique et à l'attente des consommateurs. Du pragmatisme qui ne lèse personne et qui conforte les économies territoriales concernées, drômoises en l'occurrence.

L'abrogation de la loi de 1957 ne provoquera pas la disparition de l'AOC « Clairette de Die » ou le changement de son cahier des charges. Elle permettra aux producteurs concernés de se diversifier dans une autre production, les vins mousseux rosés notamment, afin d'améliorer leurs revenus.

Toutefois, et c'est essentiel, ce vin ne pourra pas être appelé « Clairette de Die », dans la mesure où le cahier des charges de l'AOC ne le prévoit pas. Ce sera un vin mousseux rosé, produit dans la Drôme, qui pourrait bénéficier d'une IGP ou d'une appellation spécifique dans cinq ans, dix ans ou plus.

Pour protéger nos apiculteurs et informer le consommateur, il faut aller au-delà des strictes obligations européennes de 2001 concernant la provenance de l'UE ou hors de l'UE. Dans un contexte où la production de miel en France a été divisée par deux en quinze ans, la situation actuelle ne peut plus durer. Il y va de la survie de la filière française apicole, pour reprendre les mots du rapporteur Henri Cabanel ce matin en commission. Pour aller dans ce sens, l'article 3 précise l'étiquetage des miels par l'indication des pays d'origine et de la proportion des composants.

Dans le même esprit de respect du consommateur, la provenance des pays d'origine sera indiquée sur les étiquettes des vins vendus sans indication géographique. La renommée des vins français, le travail de nos vignerons n'en seront que mieux reconnus.

Aujourd'hui, en grandes surfaces, cela a été dit surtout pour les baging  box , les consommateurs sont dupés du fait que certains vins sont vendus comme français, en jouant sur l'étiquetage, le nom francisé, en mettant en valeur un cépage, alors qu'ils sont étrangers. Les cas de tromperie sont extrêmement nombreux, on le sait.

Pour aller toujours dans le même sens, celui de la transparence et du respect in fine  du client, nous regrettons que, au titre de l'article 45, les amendements identiques portés par de nombreux groupes de notre assemblée et visant au maintien du caractère obligatoire de la déclaration de récolte ne puissent être débattus et votés aujourd'hui par la Haute Assemblée.

Pour terminer, je veux saluer le travail très constructif réalisé au sein de la commission des affaires économiques sur ce texte. Les échanges ont été nourris, sans qu'à aucun moment soit perdu l'enjeu d'aboutir positivement. Pour l'essentiel, ce texte permettra de progresser vers plus de transparence et de respect des consommateurs. Les acteurs des filières concernées s'en trouveront, à n'en pas douter, renforcés.

Pour ces raisons, le groupe socialiste et républicain le votera.

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