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Avenir de l'union pour la méditerranée : intervention de Simon DUTOUR

Thématique : Affaires étrangères/défense
Union européenne

Date : 16 février 2011

Type de contenu : Intervention

Simon Sutour . - Évoquer les rives sud et est de la Méditerranée en ces circonstances revêt un caractère tout particulier. Après la Tunisie et l'Égypte, d'autres pays seront peut-être touchés par ce processus, duquel l'Union européenne et la France sont absents. Nous sommes si proches et pourtant impuissants, maladroits et peu crédibles...

Ce n'est pas une question de proximité relevant de la politique européenne de voisinage : c'est de civilisation qu'il s'agit, d'histoire commune, de futur partagé. La nécessité est impérieuse de construire une communauté de destin avec les pays de la rive sud. La question ne doit plus être « que pouvons-nous apporter aux pays du sud ? » mais « que peuvent-ils nous apporter ? »

L'UPM lancée par le président de la République a été une mauvaise réponse aux difficultés du processus de Barcelone, qui ne faisait pas l'impasse sur des problèmes comme l'immigration, le conflit Israël-Palestine, la lutte contre le terrorisme. L'échec de l'UPM est un revers retentissant pour le président de la République qui, avec sa précipitation et son inconstance habituelles, a abîmé une belle idée.

Dès le départ, l'UPM était mal engagée, comme l'ont vu les pays du nord de l'Union européenne. Après quoi, il y eut des désaccords sur l'éventuelle participation de la Ligue arabe, puis sur la gouvernance. Bruxelles s'est sentie mise à l'écart. Grave erreur ! Le processus de Barcelone engageait, lui, l'Union européenne.

L'UPM renforce le gouvernementalisme, la primauté des intérêts nationaux sur l'intérêt commun -on ne cesse de voir les échecs de cette démarche. A vouloir toujours occuper le devant de la scène, le président de la République a affaibli le poids de la France dans le monde. Aucun projet ne peut faire l'impasse sur les questions politiques, de démocratie, de droits de l'homme, de l'avenir d'Israël et de la Palestine.

Point d'alternative au renforcement de nos relations avec la rive sud. Nos économies sont très complémentaires. Je parle de codéveloppement, de résorption des disparités économiques et sociales, du rôle des sociétés civiles du sud. L'Europe est bien plus frileuse que la Chine ou les États-Unis.

Il reste beaucoup à faire. Il faut faire preuve d'ambition mais aussi de pragmatisme et d'humilité. L'Europe doit reprendre l'initiative, un échec pèserait lourd.

La réussite serait de réaliser un espace de civilisation partagée qui donnerait plus d'écho à la voix de l'Europe, dans l'intérêt de tous.

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