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Marcel VIDAL nous a quitté. Même s’il s’était récemment éloigné du groupe et du Parti socialiste, quelque peu déçu, il restait notre ami. Nous lui témoignons notre fidélité. Son engagement à nos côtés est ancien. Dès 1967, à 27 ans, il est élu conseiller général. Maire de Nébian puis de Clermont l’Hérault pendant 30 ans, il nous a rejoint dès 1980. Par cette ancienneté, il était ainsi l’un des sages au sein de l’assemblée des sages de la République. Son enracinement local, son sens de la République, son goût pour l’action en faisait un modèle d’élu désintéressé et dévoué à l’intérêt général.
Au Sénat, il s’est investi dans le domaine de la culture. Au sein de la commission des affaires culturelles du Sénat, il était l’un des spécialistes écoutés du cinéma et du théâtre vivant et s’était fait, lors de la discussion du projet de loi sur le mécénat, le défenseur du modèle français, s’opposant, avec éloquence, à l'alignement de la France sur le modèle culturel anglo-saxon dépendant de fonds privés. Il interpellait encore, lors du débat du 1er février 2005, le gouvernement sur la situation du spectacle vivant. Il prolongeait cet intérêt pour la politique culturelle en siégeant au conseil d’administration du festival de Cannes et du Centre Georges Pompidou.
Il partageait sa passion entre culture et nature. Passionné en tout premier lieu pour la préservation et la restauration des églises et des orgues en milieu rural, il s’était fait l’avocat de cette cause depuis de nombreuses années. Les paysages du Languedoc l’avaient conduit à siéger au Conseil d'administration du conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres et à la Commission supérieure des sites, perspectives et paysages. De son Languedoc-Roussillon, il nous parlait avec passion au Sénat. De l’arc sud méditerranéen et de l’autoroute A75. Des difficultés de la filière viticole, l’un de ses métiers, avec l’oléiculture, lors de sa dernière intervention, le 12 avril dernier. De l’importance de l'entretien des forêts et de l'activité agricole pour prévenir les incendies. De la place de l'agriculture dans la recomposition des territoires ruraux. De son département, l’Hérault, qu’il donnait en exemple pour diverses actions publiques comme l’action des associations d'aide aux personnes handicapées. Du lac de Salagou, enfin, qu’il avait fait classer comme site protégé.
Son humanisme et sa courtoisie nous ont marqué. Sa voix chaleureuse et communicative nous manquera.
A sa famille, à ses amis et à ses proches, je vous exprime, au nom du Président du Sénat et au nom de tous les sénateurs du groupe socialiste, l’expression de nos condoléances attristées. |