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Gestion de la crise sanitaire : la question d'actualité de Bernard Jomier

© Hopital Pompidou

Thématique : Pouvoirs publics/Institutions/Etat
Solidarité/Santé/Sécurité sociale

Date : 28 octobre 2020

Type de contenu : Question d'actualité

Le sénateur de Paris a interrogé le ministre des solidarités et de la santé sur la gestion de la crise sanitaire.

 

 

Bernard Jomier  : Nous faisons face à la seconde vague de l’épidémie, tout comme beaucoup d’autres pays de l’hémisphère nord. Comme au printemps, la qualité de notre réponse déterminera le nombre de vies sauvées et le nombre de vies perdues.

La première vague a révélé les forces et les faiblesses de notre pays. Certains sont allés jusqu’à évoquer une « crise organisationnelle » face aux sérieux problèmes qui ont été mis au jour, et les failles dans les processus de décision ne sont pas moins lourdes. Le constat est partagé même parmi les experts missionnés par le chef de l’État.

Par conséquent, monsieur le ministre, quelles décisions avez-vous prises, quels actes avez-vous posés pour mieux nous préparer à cette seconde vague ? 

 

Olivier Véran,  ministre des solidarités et de la santé.  Monsieur le sénateur Jomier, vous avez raison, la seconde vague frappe l’Europe. Elle frappe indistinctement l’ensemble des pays qui nous entourent, y compris ceux où le redémarrage de l’épidémie a été plus tardif qu’en France. En Italie, le nombre de diagnostics positifs a été multiplié par dix en moins de trois semaines. En Allemagne, la proportion de malades augmente de 100 % chaque semaine. La Suisse, dont on vantait à juste titre les capacités de contact tracing  et de tests, est désormais débordée et enregistre des délais analogues à ceux que nous avons pu connaître il y a quelques semaines dans notre pays.

Face à cela, on pourrait être tenté – mais ce n’est pas votre cas, puisque vous êtes aussi médecin – de pointer un dysfonctionnement dans l’appareil d’État. Mieux vaut choisir de réfléchir utilement aux moyens de freiner la diffusion du virus, collectivement, par l’action de tous et en solidarité, avant qu’il ne soit trop tard.

La diffusion du coronavirus se fait selon trois paramètres, dont deux que nous ne maîtrisons pas, à savoir la contagiosité, c’est-à-dire le risque de transmettre le virus, et le nombre de jours pendant lequel on reste contagieux. Le seul critère que nous pouvons maîtriser, vieux comme le monde, c’est le nombre de personnes avec qui l’on est en contact et que l’on pourrait contaminer. Voilà pourquoi nous prônons les gestes barrières, le lavage des mains et la distanciation sociale. C’est aussi pour cela que nous continuerons à prendre des mesures de restriction partout où c’est nécessaire sur l’ensemble du territoire. 

 

Bernard Jomier  : Monsieur le ministre, je suis tout de même un peu inquiet quand je vous entends dire qu’il n’y a pas de dysfonctionnement de l’État : tous les rapports et tous les travaux menés font apparaître un problème d’organisation et des failles dans les processus de décision. L’existence d’une myriade d’agences sanitaires, qui sont mal coordonnées entre elles, ou la création de nouvelles instances par le chef de l’État, alors même que la crise est en cours, le montre.

Certes, tout le monde est responsable, mais certains le sont plus que d’autres. Il n’est pas digne de renvoyer aux Français la responsabilité de cette seconde vague, car elle relève d’abord de ceux qui n’ont pas su l’analyser et agir à temps. La stratégie « tester, tracer, isoler » est un échec, et les Français n’y sont pour rien.

Nous attendons, ce soir, l’annonce de nouvelles mesures restrictives. Elles seront le marqueur de l’échec de notre politique de santé publique. Ayons le courage de le reconnaître !

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