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Impact de la crise sur l'insertion et l'emploi : la question d'actualité d'Emilienne Poumirol

Thématique : Solidarité/Santé/Sécurité sociale
Travail/emploi

Date : 28 octobre 2020

Type de contenu : Question d'actualité

La sénatrice de la Haute-Garonne a interrogé le gouvernement sur l'impact de la crise sur l'emploi et l'insertion et la précarité qui touche durement de plus en plus de Francais.

 

 

Emilienne Poumirol  : Ma question s’adresse à M. le Premier ministre.

Nous le savons depuis plusieurs mois, la crise sanitaire qui s’est abattue sur notre pays est aussi une crise économique et sociale. La deuxième vague et les mesures qui vont être prises dans les prochaines heures vont encore prolonger les terribles effets de ces restrictions pour beaucoup de Français.

Ainsi, 1 million de Français sous le seuil de pauvreté ont rejoint les plus de 9 millions qui y étaient déjà, chiffre en augmentation depuis 2018. Face à cette situation dramatique, il aurait fallu réagir plus en amont, plus rapidement et plus efficacement.

Vos annonces de samedi dernier ne répondent pas à ces trois impératifs. Vous pratiquez un saupoudrage qui ne prend pas en compte l’ampleur de ce qui est déjà là et encore moins de ce qui attend notre pays. Votre plan est centré sur l’insertion par l’activité : cela est certes nécessaire, mais insuffisant, en particulier compte tenu des perspectives de créations d’emplois qui sont celles d’aujourd’hui.

Les jeunes les plus précaires, les nouveaux précaires sont sortis de vos radars. À ceux-là, vous proposez des aides exceptionnelles et ponctuelles, quand la deuxième vague nous confirme qu’un grand nombre de Français risquent de s’installer dans une précarité sur un temps long. Il faut donc ouvrir le revenu minimum aux jeunes pour les empêcher de sombrer, revenir sur votre réforme des aides personnalisées au logement, revaloriser les minima sociaux, augmenter la part du plan de relance pour soutenir les plus précaires, notamment en ce qui concerne l’aide alimentaire.

Les associations caritatives nous ont dit que cette demande explosait depuis six mois. Elle a parfois été multipliée par deux, voire par trois. Ne nous répondez pas qu’il ne faut pas laisser les populations stagner dans les minima sociaux : la question n’est plus là. La seule qui doit se poser est la suivante : allez-vous enfin adapter votre politique de lutte contre la pauvreté à la situation actuelle ? 

 

 

Brigitte Klinkert,  ministre déléguée auprès de la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion, chargée de l’insertion.  Madame la sénatrice, vous m’interrogez sur les conséquences de la crise sur l’emploi et l’insertion.

Vous l’avez rappelé, le Premier ministre a annoncé samedi plusieurs mesures pour lutter contre la pauvreté et la précarité. Ces mesures s’ajoutent à celles qui avaient déjà été prises précédemment.

Nous nous battons et nous nous battrons pour ne laisser personne sur le bord de la route. C’est pourquoi nous augmentons de nouveau le nombre de places en insertion par l’activité économique (IAE) : aux 100 000 places prévues s’ajouteront 30 000 places supplémentaires, comme l’a annoncé le Premier ministre. Le budget pour 2021 prévoyait déjà 1,2 milliard d’euros pour l’IAE, soit 204 millions de plus qu’en 2020.

Samedi, le Premier ministre a annoncé 150 millions d’euros supplémentaires pour l’IAE. C’est inédit et essentiel. L’insertion par l’activité économique sera l’une des clés pour lutter contre le chômage, donc pour lutter contre la précarité.

Madame la sénatrice, nous entendons l’urgence sociale et économique. C’est pourquoi nous avons reporté la réforme de l’assurance chômage de trois mois. Je répète que cette réforme est une bonne réforme, mais elle doit être adaptée à la situation. Le Gouvernement s’est donc donné trois mois supplémentaires pour dialoguer avec les partenaires sociaux. Certains paramètres vont être adaptés.

Plus précisément, le contexte sanitaire et économique a mis en lumière les difficultés pour les personnes en contrat court. Un nombre important de salariés précaires qui parvenaient, avant la crise, à enchaîner suffisamment de contrats courts pour maintenir un certain niveau de revenus ne le peuvent plus. Il s’agit des saisonniers, des extras de l’hôtellerie et de la restauration ou de l’événementiel, mais pas seulement. Nous sommes très attentifs à leur situation et cherchons actuellement des solutions.

Madame la sénatrice, vous le comprenez, nous ne laisserons personne sur le bord du chemin.

Emilienne Poumirol  : Madame la ministre, votre réponse est pour le moins très évasive ! Elle montre que vous n’êtes pas très sensible à l’urgence sociale qui se fait jour aujourd’hui. J’aurais aimé une réponse à la fois précise et concrète pour tous les gens qui viennent frapper à la porte de nos centres communaux d’action sociale ou des associations, voire qui n’osent même plus y entrer, parce qu’ils sont dans des états de détresse absolue. 

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