En 2023, la Terre était en moyenne 1,3°C plus chaude qu’en 1990. C’est ce qu’indique le dernier rapport d’évaluation du GIEC de mars 2023, et il est alarmant.
Les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter dans le monde (+ 65% entre 1990 et 2024), deux tiers étant toujours dues aux énergies fossiles. Au rythme actuel d’un réchauffement climatique de +0,26°C par décennie, la barre des +1,5° pourrait être atteinte dès 2031.
Contrairement aux accords de Paris de 2015, qui, sous le quinquennat de François Hollande, auront largement été qualifiés d’historiques dans la lutte contre le changement climatique, notamment de par son caractère universel en engageant tous les pays du monde, la COP 30 réunie au Brésil en ce mois de novembre 2025 est décevante à bien des égards.
L’accord adopté à Belém ne comprend aucune feuille de route contraignante pour la sortie des énergies fossiles. Les grandes puissances productrices (pétrole, gaz, charbon) ont bloqué cette perspective.
Si un accord a pu être obtenu, il reste un accord a minima : parmi les demandes fortes — transition énergétique juste, justice climatique, engagement ferme sur la déforestation, soutien aux pays les plus menacés — beaucoup ont été édulcorées, repoussées ou rendues facultatives.
L’un des mérites annoncés — et probablement le seul réel — de COP30 est d’avoir préservé un cadre multilatéral de coopération. Le texte final, surnommé “global mutirão”, rappelle l’engagement collectif. Mais ce succès diplomatique paraît bien maigre quand les décisions concrètes sur les causes majeures du changement climatique — fossiles, déforestation, émissions — restent largement évitées.