Les sénatrices et sénateurs du groupe Socialiste, Ecologiste et Républicain (SER) expriment leur vive inquiétude à l’annonce de la nomination prochaine d’Amélie de Montchalin, jusqu’ici ministre de l’Action et des Comptes publics, à la tête de la Cour des comptes.
Emmanuel Macron nomme une nouvelle fois une proche à la tête d’une institution essentielle de notre démocratie. Alors que la Cour des comptes est censée être indépendante et garante de la bonne gestion de nos comptes publics, cette nomination de la ministre en exercice, décidée par le président de la République seul, est problématique à plusieurs titres.
Si les compétences d’Amélie de Montchalin ne sont nullement en cause, quelle crédibilité accorder à l’avis que rendront en septembre la Cour des comptes et le Haut conseil des Finances Publiques sur le projet de loi de fin de gestion et le budget pour 2027, alors que ce budget a été préparé et négocié par l’actuelle ministre ?
Par ailleurs, nous regrettons que, pour la nomination à la présidence de la Cour des comptes, le dernier mot ne revienne pas au Parlement comme pour d’autres nominations à des postes d’importance.
Alors qu’une étude du Cevipof, publiée aujourd’hui, nous apprend que plus des trois quarts des Français estiment que la démocratie fonctionne mal dans leur pays, confirmant une augmentation de la défiance de la population envers la politique et les institutions, la décision du président de la République contribue à aggraver ce phénomène.
Les sénatrices et sénateurs du groupe SER alertent sur le potentiel conflit d’intérêt provoqué par cette nomination, qui fragilise notre démocratie. Dans quelques semaines, Emmanuel Macron devra aussi nommer le nouveau gouverneur de la Banque de France. Nous l’appelons à privilégier l’intérêt général, l’avenir de notre démocratie, plutôt que les recasages de ministres en exercice, de députés, anciens députés ou conseillers parmi ses soutiens.