Au Sénat, les socialistes ont voté contre le budget de l’Etat

Les sénatrices et sénateurs du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain (SER) ont voté contre le projet de loi de finances pour 2026. Avec 8 milliards d’euros de recettes fiscales en moins et 3 milliards d’euros de coupes franches dans des dépenses essentielles, la droite assume de distribuer des cadeaux aux très grandes entreprises et aux contribuables les plus fortunés, en sacrifiant les plus modestes de nos concitoyens.

Avec la droite au Sénat, c’est Noël avant l’heure pour le patronat et les plus aisés. Et la hotte est bien remplie :

  • suppression de la surtaxe d’impôt sur les sociétés
  • allègement de la taxe sur les holdings
  • baisse de l’impôt sur la fortune immobilière
  • baisse de la contribution différentielle sur les hauts revenus
  • Par ailleurs, quand le Sénat vote une nouvelle recette sur les rachats d’actions, une seconde délibération l’annule.

Les mêmes voix qui donnent des leçons de sérieux budgétaire organisent désormais l’attrition des finances de l’État en supprimant toutes nouvelles recettes possibles. Alors que les inégalités ne cessent d’augmenter – les très hauts revenus gagnaient 95 fois plus que les ménages modestes en 2003, 167 fois plus en 2022 – il est urgent de mettre en place une fiscalité plus juste, fondée sur les capacités contributives de chacun. Pourtant, la droite sénatoriale reste arc-boutée sur son dogme : “pas un seul impôt supplémentaire”.

Malgré des coupes massives opérées en sacrifiant des secteurs essentiels (éducation nationale, emploi, écologie, culture, sport, ou encore aide au développement), malgré le resserrement des conditions d’attribution de l’aide médicale d’État, au mépris des principes de solidarité et de santé publique les plus élémentaires, et malgré des procédés budgétaires d’une brutalité sans précédent, le compte n’y est pas.

Si l’on tient compte des économies factices votées par la majorité sénatoriale, la copie est dégradée de 5 milliards au moins et le déficit serait de 5,4% du PIB. La majorité sénatoriale le prouve : la droite n’est ni sérieuse, ni crédible, a fortiori dans un contexte politique aussi particulier que celui que nous vivons.

Quant aux collectivités territoriales, malgré leurs alertes et des besoins croissants, elles sont une fois de plus priées de faire plus… avec moins : aucune indexation de la dotation globale de fonctionnement sur l’inflation, rejet du rétablissement du Fonds vert, refus de toucher aux variables d’ajustement. Derrière les discours de proximité, la droite sénatoriale opère en réalité une véritable mise à distance avec des collectivités territoriales qu’elle sacrifie par pur cynisme politique.

Alors que nous multiplions les propositions et les mains tendues pour doter notre pays d’un budget, l’intransigeance de la droite sénatoriale est irresponsable. Alors que la commission mixte paritaire devrait se réunir cette semaine, nous continuerons à défendre une fiscalité plus juste, des services publics financés et des territoires soutenus.

Revenir en haut de page