Les sénatrices et sénateurs du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain (SER) déplorent le rejet par le Sénat de leur proposition de loi visant à intégrer les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) dans la fonction publique et à garantir une meilleure inclusion des élèves en situation de handicap et à besoins éducatifs particuliers. Un texte pourtant très attendu, tant par les professionnels que par les familles concernées.
Chevilles ouvrières de l’inclusion scolaire, les AESH exercent aujourd’hui leurs missions dans des conditions indignes. Très majoritairement des femmes, elles subissent des temps partiels imposés et perçoivent une rémunération moyenne de 850 € par mois, inférieure au seuil de pauvreté.
Cette précarité fragilise l’attractivité du métier et engendre, dans de nombreux territoires, une pénurie d’accompagnants. Les premières victimes en sont les élèves en situation de handicap, privés de l’accompagnement humain auquel ils ont pourtant droit.
Face à cette situation, le groupe SER a défendu une proposition de loi pour intégrer les AESH à la fonction publique d’État, afin de leur offrir un véritable statut et de les sortir de leur précarité actuelle.
Le texte prévoyait également une rémunération sur la base d’un temps plein, une formation initiale renforcée, des obligations de service fixées statutairement et une reconnaissance des acquis de l’expérience pour les personnels déjà en poste. Il élargissait également l’ambition de l’école inclusive en renforçant les droits des élèves sourds, par la reconnaissance de la langue française parlée complétée, et en prévoyant d’examiner la possibilité de locaux adaptés lors de la construction ou de la rénovation des établissements scolaires.
Malgré ces avancées concrètes et attendue de longue date, la droite a fait le choix de rejeter cette proposition de loi, et le gouvernement préfère l’immobilisme. En refusant de sortir les AESH de la précarité et d’investir pleinement dans une école inclusive de qualité, la droite tourne le dos aux professionnels, aux élèves en situation de handicap et à leurs familles. Nous poursuivrons le combat pour la dignité des AESH et pour une école réellement inclusive.