La pression sur les « agences » et autres opérateurs de l’État tend, depuis plusieurs semaines, à se renforcer. Ces acteurs seraient inutiles, dispendieux et dispensables pour notre action publique. Et il conviendrait d’autant plus de les supprimer que la France connait des difficultés financières. En réalité, si l’ampleur de la charge questionne, une telle logique n’est pas nouvelle et il convient de rappeler qu’il y a quelques années, ce sont les Autorités administratives indépendantes (AAI), qui faisaient l’objet des mêmes critiques.
Le groupe Socialiste, Écologiste et Républicain du Sénat a toujours été très attaché à une bonne gestion des deniers publics, à la lutte contre les gaspillages et abus et à une rationalisation de l’appareil politico-administratif. Nous ne sommes pas favorables à un niveau de dépenses incontrôlé.
Cependant, cette polémique et ce débat ne doivent pas occulter que le véritable enjeu demeure le périmètre de nos politiques publiques.
S’interroger sur la suppression ou à tout le moins sur l’évolution ou le regroupement d’un certain nombre d’agences est évidemment légitime, mais ne le faire que sous un angle budgétaire, est discutable : il semble opportun de se centrer sur l’efficacité de l’action publique que nous avons à conduire Dans une période de grandes dérégulations économiques et sociales, nous avons besoin d’un État fort, protecteur et capable d’agir, pas d’une puissance publique affaiblie et en recul.