Lors de son allocution présidentielle du 13 mai 2025, Emmanuel Macron a cru bon de revenir sur le niveau de prélèvement obligatoire et d’estimer qu’une hausse de la fiscalité, notamment des plus aisés, se traduirait par un exil massif de ces derniers au détriment de nos recettes fiscales et donc de nos finances publiques.
Cette idée est en réalité extrêmement ancienne et tenace. Elle était déjà invoquée lors de la création d’un impôt sur la grande fortune au début du premier septennat de François Mitterrand mais elle l’a aussi été lors des débats parlementaires relatifs à la mise en place d’un impôt sur le revenu durant la Première Guerre mondiale.
La vérité, c’est qu’aucun élément probant ou aucune étude n’a jamais démontré la véracité de cet exil fiscal, comme l’ont encore récemment indiqué des économistes comme Gabriel Zucman ou Thomas Piketty.
Au-delà de ces prises de positions, de nombreuses études démontrent en France et ailleurs qu’il n’y a pas d’exil fiscal signifiant en cas d’augmentation des impôts notamment sur le patrimoine.
En France, le quatrième rapport du Comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital de France Stratégies, rapport final en date d’octobre 2023 indique que les changements dans les flux de départ/retour à la suite de l’abolition de l’ISF sont infimes et représentent environ 5 millions d’euros.
La suppression de l’ISF et son remplacement par l’IFI et la flat tax représentent donc un gain pour les recettes fiscales de 5 millions d’euros suite au retour en France de contribuables. Le problème est que cette réforme a, d’un autre côté, coûté 5 milliards d’euros aux finances publiques. Le rapport financier est donc de 1 à 100.
Dans une étude concordante portant sur la Suède et le Danemark, il apparait de manière inversée qu’une hausse des impôts à des effets négligeables non seulement en matière d’exil fiscal mais également sur le plan économique au sens plus large.
En conclusion, si le niveau de prélèvements obligatoires peut et doit légitimement faire l’objet d’un débat citoyen et démocratique, cela doit se faire sur des bases intellectuelles saines et concrètes. Le président de la République devrait encore plus que tout autre en être l’acteur et le garant.