Dispositif « Coluche » : un dispositif de solidarité à réinventer ?

Ce n’est pas le sujet au cœur des débats sur le projet de loi de finances pour 2026 mais il est important dans le contexte de crise sociale et d’accroissement de la pauvreté que connaît notre pays. Le gouvernement propose de prolonger l’application de l’amendement Coluche, c’est-à-dire l’application d’un régime fiscal plus favorable pour encourager les dons à destination des Restos du Cœur et des autres associations d’aide alimentaire, et de porter son montant à 2000 euros. Un amendement a par ailleurs été adopté par les députés, transformant la réduction d’impôt en crédit d’impôt.

À l’issue de la crise COVID, je m’étais engagé, au Sénat, en faveur de ce dispositif d’incitation fiscale face aux difficultés rencontrées par les associations d’aide alimentaire. Je me réjouis donc aujourd’hui de son élargissement mais cela ne va pas sans poser question.

Au-delà du constat alarmant sur l’état de la pauvreté en France, auquel il faut répondre dans l’urgence, devons-nous maintenir voire amplifier une niche fiscale ou bien augmenter le budget de l’État consacré à la solidarité et au soutien aux associations ? N’est-il pas temps de changer de système alors que le coût de la niche Coluche dépasserait les 500 millions d’euros annuels sans qu’il soit véritablement possible d’en évaluer l’effet d’opportunité pour les contribuables aisés ?

Tout en approuvant cet article du PLF 2026, les socialistes devront donc réfléchir à une refonte plus pertinente, juste et efficace de l’organisation de la générosité en France et de sa fiscalité, ainsi qu’à un financement public de la solidarité transparent et à la hauteur des besoins.

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