Ce 17 décembre 2025, Audrey Linkenheld est intervenue dans le cadre du débat 50-1 sur le narcotrafic, demandé par le groupe socialiste à l’Assemblée nationale. Le narcotrafic s’est diffusé sur l’ensemble du territoire et touche désormais le quotidien de près de 2 millions de nos concitoyens. Cette expansion s’accompagne d’une mutation profonde des modes opératoires, qui appelle une réponse publique à la hauteur. Mais avant de renforcer encore l’arsenal législatif, il est indispensable de faire appliquer pleinement le droit existant : six mois après la promulgation de la loi, seuls 14 % des décrets nécessaires ont été publiés.
S’il faut renforcer l’arsenal juridique pour lutter contre le narcotrafic, nous proposons notamment l’interdiction des véhicules surpuissants pour les jeunes conducteurs, souvent liés aux trafics de stupéfiants. Il faut également rendre visible un lien trop souvent ignoré : celui entre narcotrafic, proxénétisme et violences faites aux femmes. Les réseaux de drogues et de prostitution sont profondément imbriqués, comme le montre la proposition de loi portée par Laurence Rossignol, rappelant que de nombreuses victimes sont contraintes à la consommation de drogues pour supporter la violence prostitutionnelle.
Nous soutenons toutes les mesures qui réduisent l’asymétrie entre narcotrafiquants et forces de sécurité et de justice, à condition de préserver l’équilibre entre sécurité et libertés publiques. Pour les socialistes, la priorité reste toutefois la prévention. L’État investit encore trop peu dans la prévention des consommations de drogues, si l’on compare notamment au tabac ou à l’alcool. Prévenir, c’est agir sur les plans sanitaire, éducatif et social : réduction des risques, prise en charge médicale, mais aussi éducation, insertion, emploi, logement et mobilité. Le Parlement, et en particulier le Sénat, gagnerait à lancer rapidement une commission d’enquête consacrée à cet « acte II » de la prévention. Cela suppose enfin des moyens renforcés : pour la justice, la police, la lutte contre les addictions, et pour toutes les structures — associations, centres sociaux, éducateurs, clubs sportifs — qui agissent chaque jour sur le terrain.